RSE

POURQUOI C’EST BON POUR LE BUSINESS ?

Publication : N° 12 décembre 2019

Ce n’est pas obligatoire, mais ça peut rapporter gros ! L’avantage de la RSE, c’est qu’elle touche à la fois l’économie, l’humain, l’environnement et la solidarité. À l’heure où les entreprises doivent conjuguer agilité, rapidité et résilience, elle oblige à lever la tête du guidon et à faire face à ses contradictions. Celles qui la pratiquent sont souvent plus performantes, se distinguent de leurs concurrents et trouvent un écho positif en interne. La contrainte ? Être sincère et ne pas s’engager à moitié.

La Responsabilité sociale des entreprises (RSE) ne requiert pas une taille critique, mais la part des sociétés qui la pratique augmente avec le nombre de salariés : 23 % dans les TPE et jusqu’à 54 % dans les ETI, selon Bpifrance. Pour autant, des dirigeants de plus en plus nombreux posent un regard bienveillant sur ce sujet : 75 % d’entre eux ont une appréciation positive et adhèrent à son esprit, ainsi qu’aux valeurs qu’elle véhicule. « La RSE est partout désormais, atteste Régis Chomel de Varagnes, l’un des cinq associés fondateurs de Mix-r, une entreprise dite “à mission”, créée à Lyon en 2018 pour aider les organisations à progresser sur ce terrain durable. La prise de conscience est globale quant à la nécessité de changer de modèle économique.
Il ne s’agit plus uniquement de cocher la case RSE, mais de s’interroger sur l’impact de son entreprise dans un monde fini, et non plus infini comme on le pensait autrefois
 ».

Régis Chomel de Varagnes,
l’un des cinq associés fondateurs de Mix-r.
LYON, 69

D’après la norme Iso 26 000, qui fait consensus en la matière au plan international, la RSE se définit comme la responsabilité de l’entreprise vis-à-vis des impacts de ses décisions, mais aussi de ses activités, sur la société dans son ensemble et sur l’environnement. Elle se traduit par un comportement éthique et transparent à plusieurs niveaux : une contribution au développement durable, ainsi qu’à la santé et au bien-être ; la prise en compte des attentes des fournisseurs, clients, actionnaires, salariés, riverains… et le respect des lois et réglementations en vigueur. Elle relève donc d’un processus d’amélioration continue. Mais qui s’écrit au pluriel, car il existe autant de façons de faire de la RSE que d’ADN d’entreprises et d’entrepreneurs. Chez Mix-r, où l’on a bien compris que la donne avait changé, l’idée n’est donc pas de délivrer des conseils tout faits aux entreprises, mais de fonctionner de manière collaborative. « Nous proposons des ateliers à nos sociétés abonnées dans lesquels ce sont les dirigeants eux-mêmes qui apportent les réponses aux problématiques soulevées », explique Romane Couston, son animatrice. Exemples : comment connaître le bilan carbone de son organisation ; comment rendre les achats responsables ; comment conserver ses valeurs quand on change de dimension ; comment impliquer les collaborateurs dans une démarche RSE ; comment écoconcevoir ses produits ou services ; comment raccourcir les circuits d’approvisionnement et de distribution ; comment informer le client avec clarté, précision et honnêteté. Le champ des interrogations est presque infini ; d’où la nécessité de se faire accompagner pour une telle transformation stratégique ou de recruter les profils idoines en interne. Et comme générer des bénéfices économiques grâce à la RSE n’est pas automatique, les entreprises qui s’engagent doivent accepter de passer par une phase de « creux de la vague », durant laquelle la RSE représente un coût. Mais les experts sont unanimes : un engagement qui resterait en demi-teinte serait contre-productif. Quand on y va, on y va !

Denis Chazallet,
responsable Performance durable de la CCI.
SAINT-ETIENNE, 42

La CCI, dans cette dynamique, vient d’ajouter, en partenariat avec l’Afnor, le pack e-Engagé RSE à son catalogue. Déployée dès janvier prochain, cette nouvelle offre s’adresse à des groupes composés de 5 à 10 entreprises, qui seront accompagnées collectivement et individuellement durant quatre mois pour faire le point sur leurs actions relevant de la RSE, pour crédibiliser et valoriser leurs engagements et pour se préparer au label Engagé RSE délivré par l’Afnor. Durant le processus d’accompagnement, une première étape, en groupe, est destinée à se familiariser avec le questionnaire d’auto-diagnostic e-Engagé RSE. Plusieurs journées sont ensuite programmées, en interne, pour affiner son évaluation et tendre vers le label, avant une matinée de bilan et de benchmarking collective. Toutes les entreprises, quels que soient leur taille et leur secteur d’activité, sont ciblées par ce programme, qu’elles aient déjà engagé une démarche ou qu’elles soient débutantes. « La plupart des grands donneurs d’ordre imposent aujourd’hui à leurs sous-traitants de présenter des garanties RSE, note Denis Chazallet, responsable Performance durable de la CCI. D’où le développement des labels et des reconnaissances. Mais la question centrale est bien de savoir quels sont les enjeux poursuivis : humains, environnementaux, d’ancrage territorial, d’image, de séduction auprès de futurs talents, de réduction des coûts énergétiques, de pérennité ou d’augmentation de la performance économique de l’entreprise. Voir de tout cela en même temps, car la RSE couvre tous ces champs à elle seule ». De nombreux référentiels peuvent en effet servir de guide, dont l’Iso 26 000. Mais également des labels comme Lucie, Planet’RSE ou celui de l’Afnor, tous conçus pour aider les entrepreneurs à définir un plan en cohérence avec leur activité et leurs contraintes spécifiques.

Franck Nganiet a même créé un label spécifiquement dédié au gaspillage alimentaire. Cofondateur et dirigeant de Care Eat, une entreprise née à Saint-Étienne en 2017, il est parti en croisade dans l’idée de sensibiliser les restaurateurs et les professionnels des métiers de bouche sur la nécessité de gérer de façon éthique leurs invendus et de trouver des solutions pour diminuer les gaspillages. Il propose un questionnaire en ligne, potentiellement suivi d’un accompagnement et d’un plan d’action. « Nous avons labellisé 100 entreprises depuis le début de l’année, dont 80 restaurants, se félicite-t-il. Le label Care Eat permet de valoriser un engagement éthique auprès des clients et cela fonctionne plutôt bien. Les consommateurs sont sensibles au respect de l’environnement et aux pratiques de développement vertueuses. C’est une tendance de fond que les commerçants ne doivent pas négliger ». Pour aller encore plus loin, Franck Nganiet a lancé l’application Bon App’hetic. Elle incite les restaurateurs à redistribuer leurs produits invendus aux personnes les plus en difficulté. Pour l’heure, 20 paniers d’un coût de 1 à 5 euros sont proposés chaque jour, mais la Ville de Saint-Étienne est intéressée pour déployer le système à plus grande échelle. Ils sont là, aussi, les mérites induits d’une démarche RSE : pousser à l’innovation, favoriser l’émergence de nouvelles pratiques et agir à un échelon plus local.

Franck Nganiet,
cofondateur et dirigeant de Care Eat.
SAINT-ETIENNE, 42
70 %
des entreprises veulent devenir sociétales, mais seules 30 % ont mis en œuvre des actions. Source : Deloitte, Tendances RH 2018.
55 %
des collaborateurs disent que l’engagement sociétal est un critère plus important que le salaire. 76 % chez les millennials. Source : Cone Communications, CSR Study, 2017
65 %
des consommateurs choisissent d’acheter (ou de boycotter !) une marque en fonction de ses prises de position RSE. Source: Elan Edelman, Earned Brand, 2018

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Grand témoin

ALAIN MÉRIEUX
Président de l'Institut Mérieux et fondateur du groupe pharmaceutique Biomérieux

CCI : La RSE, un sujet qui vous intéresse ?

Alain Mérieux : Un sujet majeur. L'évolution de notre société ne peut pas rester ignorée par nos entreprises [...]

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