Sève

Les artisans high-tech de la Limonest Valley

Publication : N° 5 septembre 2017

Industriels ou artisans ? Les deux ! Gaëlle et Richard Sève ont investi 3 millions d’euros et 26 ans d’énergie pour donner naissance à la chocolaterie du futur.

Le duo Sève – Madame Gaëlle au développement et Monsieur Richard en cuisine – est d’une efficacité redoutable. Un combo atypique dont il ressort le meilleur depuis 1991, année où il rachète une petite pâtisserie-chocolaterie à Champagne-au-Mont-d’Or. Elle est âgée de 21 ans et lui de 23 ans. Leur premier chiffre d’affaires ne dépasse pas les 150 000 euros ; il s’élève désormais à 5 millions d’euros. Les commandes sont à l’époque inscrites sur des petits bouts de papier volatiles. Toutes les infos transitent aujourd’hui par un système de gestion informatisé, relié à chaque point de vente et à chaque espace de préparation. Pas de temps mort entre la prise d’ordre et la réalisation. Les 47 collaborateurs disposent des mêmes données au même moment.

En ce mois d’octobre, Gaëlle et Richard Sève vont ouvrir leur atelier-musée du chocolat à Limonest, au cœur d’une zone d’activités où fleurissent d’habitude les SSII, mais dont l’ambiance nature convient parfaitement au couple et à son sens du recevoir. Derrière la façade design des lieux : une fabrique de 1 500 mètres carrés où les machines les plus modernes cohabitent avec un concasseur, une enrobeuse et une conche à l’ancienne, patiemment chinés et dotés d’avancées technologiques n’oblitérant en rien leur sens de la tradition.

Gaëlle et Richard Sève

Conformément à l’adage selon lequel ce serait dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes, les Sève ont tenu à cet alliage de l’ancien et du moderne. C’est ici que sont fabriqués tous les produits chocolatés, tandis que la pâtisserie reste localisée à Champagne-au-Mont-d’Or. « Cet investissement était nécessaire pour nous permettre de passer un palier, raconte Gaëlle Sève. Nous allons produire davantage, mieux et surtout ne plus refuser des marchés par manque de capacité. Ici, nous pouvons imaginer l’avenir avec sérénité. Tout est centralisé au même endroit : le stockage, la fabrication, les expéditions, le contrôle qualité. Nous avons beaucoup réfléchi afin d’anticiper au mieux nos besoins pour les années à venir ». Trois millions d’euros ont été investis dans cette chocolaterie du XXIe siècle, qu’il sera possible de visiter et qui démontre que l’usine du futur n’est pas uniquement réservée aux gros industriels.