INDUSTRIELS, POURQUOI C’EST LE MOMENT DE REINVESTIR ?

Publication : N° 16 Avril 2021

Le gouvernement mobilise des moyens exceptionnels au service de la modernisation, du développement et de l’extension des entreprises industrielles. Une enveloppe de 34 milliards d’euros, sur 3 ans, est disponible via différents appels à projets. Date limite des candidatures pour 2021 : 1er juin, midi.

Sur les 100 milliards d’euros du plan de relance, quelque 16 milliards d’euros ont déjà été déployés et 10 milliards absorbés par la baisse des impôts de production. Le gouvernement a cependant annoncé, début mars, l’augmentation de plusieurs enveloppes pour accélérer encore la reprise. Dès cette année, la relocalisation des secteurs industriels critiques sera dotée de 250 millions d’euros supplémentaires, tandis que le dispositif Territoires d’industrie bénéficiera de 150 millions d’euros en plus des 400 prévus, afin de soutenir des investissements industriels à forts impacts territoriaux. Ces aides peuvent concourir à l’installation d’une nouvelle ligne de production, à la modernisation des appareils productifs, au développement d’un site industriel. Particulièrement touchés par la crise, les secteurs aéronautiques et automobiles profitent aussi d’une enveloppe respective de 15 et 8 milliards d’euros pour les aider à gagner en compétitivité.

Jean-Jacques Laurent
PDG de l’entreprise André Laurent
La Ricamarie, 42

Ces moyens exceptionnels sont accessibles via des appels à projets, ouverts pour cette année jusqu’au 1er juin. L’État a confié à Bpifrance la gestion et le suivi des candidatures, classées en deux familles : d’un côté, un volet ciblant les investissements industriels susceptibles de démarrer rapidement et ayant des retombées socio-économiques fortes pour le territoire d’activité ; de l’autre, une section nationale pour les filières aéronautique, automobile, agroalimentaire, santé, électronique et télécommunications 5G.

PARMI LES LAUREATS, L’ENTREPRISE ANDRE LAURENT, experte en visserie et boulonnerie à destination de l’industrie nucléaire, de l’aéronautique du transport ferroviaire et du bâtiment. Elle a été l’une des premières, dans la Loire, à recevoir une réponse positive après une année faite d’incertitudes. « La priorité a été de préserver l’emploi de nos 94 collaborateurs, explique Jean-Jacques Laurent, son PDG. Sur l’exercice 2020, le recul de notre chiffre d’affaires s’élève à 11 %, une baisse qui a remis en question nos investissements. L’appel à projets a été une issue de secours bienvenue ». La PME a reçu une subvention de 800 000 euros, correspondant à 60 % du montant de son projet de modernisation. Une tour de refroidissement, une autre à commandes numériques, un centre d’usinage automatisé et un nouvel ERP intégreront l’usine de La Ricamarie dans les prochaines semaines. Avec, à la clé, l’embauche d’une douzaine de salariés. « L’horizon se dégage et nous envisageons plus sereinement la suite, se félicite Jean-Jacques Laurent. Sur les premiers mois de l’année, notre activité a retrouvé son niveau de 2019. La baisse de l’année dernière est pour le moment derrière nous ».

Nathaly Dubois
présidente de TDS
Genas, 69

UN OPTIMISME RETROUVE EGALEMENT CHEZ TDS. Le premier confinement a touché de plein fouet cette société familiale basée à Genas, dont le chiffre d’affaires a baissé de 45 % durant cette période. Chaque jour, l’entreprise traite environ 60 tonnes de pièces, des moyennes et grandes séries, confiées par les équipementiers automobiles, secteur fortement impacté par la crise. « Au printemps dernier, nous nous sommes vraiment demandé comment cela allait finir pour notre activité de traitement de surface et nos 35 salariés, indique Nathaly Dubois, sa présidente. Nous avons suspendu notre projet de diversification d’un montant de 2 millions d’euros, en attendant des jours meilleurs ». Fin octobre, la réponse tombe : TDS est lauréate d’une subvention.

La 4e génération à la tête de la PME entrevoit une éclaircie et en profite pour lancer son projet d’une ligne pour la réalisation de revêtements métalliques d’argent sur des pièces de véhicules électriques ou des chargeurs de batterie. « Nos clients et des prospects nous réclamaient depuis longtemps cette spécialité en plein essor, précise Nathaly Dubois. Avec la subvention obtenue, nous allons enfin nous positionner sur les marchés des véhicules électriques et à hydrogène ». À partir de l’été prochain, cet outil industriel 4.0 entièrement robotisé devrait créer une demi-douzaine d’emplois, soit une augmentation de 15 % de l’effectif.

91 M€
Le montant total de la baisse des impôts de production pour plus de 8 200 entreprises ligériennes.
26 500
entreprises du Rhône ont vu leurs impôts de production baisser, pour un montant total de 362 M€.

ORIENTES VERS LA COMPETITIVITE DES INDUSTRIES, ces appels à projets ne sont pas les seuls inclus dans le plan de relance. D’autres, opérés par l’Ademe, sont accessibles pour l’efficacité énergétique et la production de chaleur biomasse. Pour chacun d’entre eux, la limite des candidatures est prévue le 17 mai et le 14 octobre. De plus, le guichet géré par l’Agence de services et de paiement (ASP) de l’État permet de soutenir, selon la taille de l’entreprise, entre 10 % et 50 % des coûts des investissements dans des projets d’un montant de moins de 3 millions d’euros.

CANDIDATURE EN LIGNE
Pour postuler à l’un des appels à projets, le site de Bpifrance est l’unique porte d’entrée. Le dossier doit comprendre notamment une présentation de l’entreprise et de son projet, un plan de financement et des attestations fiscales et sociales.
bpifrance.fr