Commerçants

Idées futées pour maintenir les chiffres d’affaires !

Publication : N°

24 avril 2020
Le contexte incite à revoir les façons de travailler et à se réinventer. Fortement impactés par le confinement, les commerçants adoptent de nouvelles méthodes : drive, click & collect, plateforme de marché ou vente Facebook. Avec des résultats qui vont au-delà de leurs espérances !

Deuxième mois de confinement et pour de nombreux commerçants, la situation devient invivable économiquement. Ces derniers jours, un mouvement s'amorce pour rouvrir certains commerces, tout en respectant les contraintes liées à la crise du coronavirus. Grandes enseignes ou petits commerçants, ils choisissent souvent de proposer leurs produits en drive : les clients commandent par téléphone ou sur internet et viennent chercher sur place, sans contact ou presque. Une solution qui est permise par le décret confinement : « Les magasins de vente et les centres commerciaux ne peuvent pas rester ouvertssauf pour leurs activités de livraison et de retraits de commandes ».

L’exemple des Halles Diderot

À Roanne, les Halles Diderot ont lancé, début avril, un service de drive commun à la vingtaine de commerçants. Dans le respect des règles sanitaires, la commande est déposée directement dans le coffre des voitures. Une seule personne est chargée de cette mission en centralisant les différents achats effectués par téléphone auprès du poissonnier, du boucher ou du chocolatier.

Les Halles Diderot
Roanne, 42
Scarole & Marcellin
Lyon, 69

Drive pour piétons citadins

Dans les centres-ville, le drive s’adapte et se décline en version piéton. L’alternative a séduit Carole Cabanis, gérante de Scarole & Marcellin, une épicerie de produits locaux installée à Lyon : « La fermeture des marchés à Lyon a eu pour effet de provoquer une forte affluence dans ma boutique, au point que nous n’étions plus en mesure d’assurer notre sécurité, ni celle de nos clients. J’ai décidé de fermer boutique et de ne plus faire que de la préparation de paniers à retirer à la boutique ».

Les commandes arrivent par téléphone ou par mail, les clients payent par carte bancaire et conviennent d’un horaire pour récupérer leur achat au rythme d’un client tous les quarts d’heure pour éviter les croisements. « Nous avons dû nous limiter à 60 paniers par jour, poursuit-elle. On perd en chiffre d’affaires puisqu’en temps normal, nous recevons autour de 250 visites par jour. Mais c’est mieux que rien ! ». À l’image de Scarole & Marcellin, l’Épicerie équitable a opté, dans le 7e arrondissement de Lyon, pour le drive piéton destiné aux amateurs de produits locaux et de circuits courts. D’ailleurs, face à la fermeture de nombreux marchés alimentaires, les petits producteurs se sont organisés pour écouler leurs fruits et légumes.

La Métropole de Lyon regroupe sur une plateforme : aide-covid.grandlyon.com, la plupart de leurs initiatives dans chaque commune du territoire.  Pour être référencés, les maraîchers doivent remplir un formulaire en ligne en laissant leurs coordonnées et les solutions proposées (drive, livraisons de panier...).
Dans la Loire, les producteurs locaux présents habituellement sur les marchés stéphanois disposent gratuitement d'espace dans le marché de gros de Saint-Étienne dans le but de vendre directement aux commerces alimentaires de proximité.

Le non alimentaire a du génie !

Dérivé du drive, le click & collect, système de commande en ligne avec retrait des articles en magasin, constitue une solution efficace pour les magasins non alimentaires n’ayant pas l’autorisation de recevoir du public, sous réserve de l’application des mesures barrières. Thomas Vernet, le gérant de la librairie stéphanoise Croquelinottes a mis en place ce service le 15 avril dernier dès la publication du décret d’autorisation.

Librairie Croquelinottes
Saint-Etienne, 42

Avec plus de 8 000 références de livre jeunesse, les familles peuvent désormais trouver à occuper leurs enfants ou à poursuivre les apprentissages d’une façon très simple. Dès le mail de commande reçu, le libraire valide en fonction du stock puis renvoie un message avec la date et l’heure de retrait. Et ça marche ! En une semaine, le commerçant a réalisé le double de ventes que sur la période du 15 mars au 15 avril, soient quelque 120 commandes. « Le panier moyen est plus important, les clients achètent davantage afin de limiter les déplacements, indique Thomas Vernet. Les familles étaient en attente. J’ai arrêté la vente en ligne en raison des mesures sanitaires.  Cette solution me permet de poursuivre mon activité a minima, sans toucher la traditionnelle clientèle de passage ». Le libraire prévoit de poursuivre le click & collect une fois le confinement levé. « Une majorité de personnes aura peur de franchir les portes des boutiques, poursuit-il. On va vivre une période de déconfinement longue durant laquelle les habitudes vont évoluer. Il faut s’y préparer ». Pour rappel, les déplacements des particuliers ayant pour objet le retrait d’une commande sont autorisés au titre des déplacements pour effectuer des achats de première nécessité, quelle que soit la nature du bien.

Autre solution : les réseaux sociaux

Autre solution : les réseaux sociaux pour vendre ses produits. C’est le cas de la boutique de prêt-à-porter féminin Brin de folie située à Saint-Laurent de Chamousset. « Le confinement est arrivé et je me suis retrouvée avec un stock plein de vêtements, de sacs, de bijoux et d’objets de décoration que j’avais commandés pour le printemps et les un an de la boutique, indique Émilie Danve, la gérante.
N’ayant pas de site marchand, j’ai décidé d’organiser, les 19 et 26 avril derniers, un déstockage interactif en live sur Facebook ». La commerçante a présenté durant plus de quatre heures en vidéo les différentes pièces, les tailles et coloris disponibles. Les clientes connectées pouvaient ainsi poser leurs questions en temps réel et réserver leurs achats. Le paiement s’effectue au moment de la livraison assurée durant la semaine par Émilie Danve. « L’opération a très bien fonctionné, avec plusieurs centaines de connexions, se félicite-t-elle. La situation exceptionnelle nous incite à trouver des solutions, à sortir de nos habitudes. Et les réseaux sociaux offrent une multitude de possibilités et permettent d’élargir notre clientèle de base ». Les ventes interactives sur Facebook se poursuivront au-delà du confinement.

Émilie Danve
Gérante de Brin de Folie
Saint-Laurent-de-Chamousset, 69
Les Tables Roannaises
Roanne, 42

Du côté de la restauration, les réseaux sociaux sont également utilisés pour conserver le lien. Par exemple, chaque semaine l’un des chefs des Tables Roannaises poste sur le Facebook de l’association une recette de cuisine simple, à réaliser en famille.

Ça va barber joue les réseaux sociaux

Geoffrey Bourguignon, le gérant de Ça va barber, a intensifié quant à lui sa présence sur Facebook et Instagram en vue d’entretenir le lien avec les férus de sa marque de cosmétique pour homme. Chaque semaine, un post sous la forme d’un jeu des sept erreurs ou d’un questionnaire est mis en ligne. À la clé : un bon d’achat de 50 euros à valoir après le confinement. « La communication sur les réseaux sociaux permet de garder le contact avec nos clients et de leur changer les idées quelques minutes en réfléchissant à mes concours, indique Geoffrey Bourguignon.

Geoffrey Bourguignon
Gérant de Ça va barber
Lyon, 69

C’est aussi un moyen de gagner en notoriété via les partages. J’enregistre aujourd’hui plus de 3 500 participants chaque semaine dont près de la moitié des comptes non référencés dans ma base de données ». Avec la fermeture de ses revendeurs (salon de coiffure et d’esthétisme, barbier, concept store…), ce fabricant et distributeur de cosmétiques 100 % naturel compte ainsi accroître les ventes sur son site pour « survivre ». Pas de livraisons en point relais, mais des envois postaux aux frais de port offerts. « Je suis bien évidemment perdant, mais cette solution me permet d’inciter à l’acte d’achat », précise-t-il. Ça va barber propose aussi d’enregistrer les commandes et de les livrer qu’une fois le confinement levé afin de soulager La Poste.

Dood, une solution clé en main

D’autres ont choisi d’adhérer à des plateformes de vente en ligne, comme celle du lyonnais Dood dédiée aux restaurateurs, boulangers, traiteurs et cavistes. La solution permet de limiter les occasions de contacts, de supprimer les files d’attente, d’effectuer un paiement sécurisé par carte bancaire ou carte ticket restaurant et de retirer sa commande, sans contact, chez le restaurateur. « Nous livrons la solution clé en main aux commerçants de la région et la rendons immédiatement opérationnelle », explique Xavier Marchese, président de Dood.

Dood
Plateforme de vente en ligne
Lyon, 69

Le commerçant dispose alors de sa propre e-boutique également visible sur le réseau communautaire de l’application mobile de Dood. Depuis le confinement, les chiffres d’envolent. L’entreprise est passée de 5 000 clients actifs à 28 000 et a enregistré plus de cinquante nouvelles adhésions.

Des bons d’achat pour l’après-crise

À Roanne, la plateforme achetezenroannais.fr, place de marché alimentaire et non alimentaire, offre aussi un service efficace de livraison et de click & collect. « En vue de la réouverture de nos boutiques, nous lançons fin avril une opération d’achat en ligne de bons cadeaux valables uniquement en magasin, explique Frédéric Dalaudière, président de l’association des Vitrines de Roanne. Cela permet d’inciter les clients à revenir dans nos points de vente et de soutenir la reprise ».

Au niveau national, Petitscommerces.fr, spécialisé dans l’accompagnement des commerces indépendants sur internet, a lancé le site soutien-commercants-artisans.fr. Objectif de cette plateforme ? Aider les professionnels à surmonter la crise en proposant des bons d’achat à leurs clients, utilisables dès leur réouverture. L’argent collecté est reversé immédiatement sans aucune commission aux commerçants, ce qui permet de rentrer de la trésorerie. Parmi les adhérents : le fleuriste Un jardin à Lyon, la boutique pour enfants Bonhomme de bois, le concept store Heureux comme un prince, la librairie Glénat

Sur le même principe, la  plateforme participative Bar solidaire soutient les bars, les cafés et les restaurants en proposant d’acheter un bon utilisable dès la réouverture de l’établissement choisi. Et le concepteur du site AB InBev France offre une aide financière supplémentaire en venant doubler la valeur du bon d’achat en équivalent « bière ».

Bref, de nombreuses solutions existent pour les commerces alimentaires et non alimentaires désireux d’endiguer la crise du mieux possible. De telles initiatives devraient d’ailleurs se prolonger, car les habitudes des consommateurs ont fortement évolué ces dernières semaines.

Et d’autres belles idées encore…

Proxisur.fr : plateforme nationale recensant les petits commerces livrant à domicile ou proposant le click and go.

mavillemonshopping.fr : mise en relation des commerçants ayant organisé un drive avec leurs clients.

mesproducteursmescuisiniers.com/fr : achat en ligne de fruits et légumes de saison, sains et issus de producteurs  locaux.

boitesavelolyon.net : service de locations de vélo pour assurer les livraisons.

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Comment préparer la réouverture de son entreprise ?
Le 11 mai, la France entame une sortie progressive du confinement. Les commerces peuvent rouvrir, quelle que soit la couleur de leur département (rouge ou vert), à l'exception notamment des lieux de convivialité que sont les cafés, les bars et les restaurants. Cette réouverture est conditionnée à la mise en place de mesures sanitaires strictes. La CCI publie le guide "Covid-19. Comment préparer la réouverture ?" qui aide les commerçants à trouver des solutions répondant aux normes sanitaires exigées pour accueillir leurs clients et relancer leur activité.
Plaquette commerçants
Comment vendre en temps de crise ?
Pendant la période de confinement, la CCI publie un guide "Covid-19. Comment vendre en temps de crise ?" qui aide les commerçants à trouver des solutions permettant de poursuivre leur activité et générer du chiffre d’affaires en cette période compliquée. Ce guide est accessible en ligne.
Plaquette commerçants
Des mesures de soutien renforcées pour certains secteurs
Pour tenir compte de la situation spécifique des professionnels des hôtels, cafés et restaurants, des entreprises du secteur du tourisme, de l’événementiel, du sport et de la culture, le Gouvernement a décidé de maintenir et de renforcer les mesures de soutien à ces secteurs.
Mesures de soutien