Junior-Entreprises

Grand témoin Martin Delbecque

Publication : N° 6 décembre 2017

« Notre créativité entrepreneuriale n’a pas de frein »

Quels sont les avantages d’une Junior-Entreprise ?

Martin Delbecque : Notre atout réside dans notre jeunesse… et notre manque d’expérience ! Cela peut paraître contradictoire, mais n’étant pas formatés par le monde du travail et ses méthodes, nous n’avons aucun automatisme et n’appliquons pas de recettes toutes faites pour mener à bien nos prestations auprès des entreprises, des associations ou des collectivités locales. Notre créativité n’a aucun frein, tandis que la fraîcheur de notre regard est particulièrement intéressante. Nos étudiants intervenants sont issus à 55 % d’écoles d’ingénieurs, 20 % d’écoles de commerce, 20 % des universités et 5 % de cursus que l’on appelle chez nous exotique, comme droit ou pharmacie. Une diversité avantageuse pour les PME, qui peuvent solliciter des prestations allant du marketing à la pharmacie, en passant par le BTP, la logistique et l’agroalimentaire. La valeur ajoutée des Junior-Entreprises se situe aussi dans les nouvelles technologies parfaitement maîtrisées par les étudiants. Sans compter que les Junior-Entreprises sont adossées à des établissements d’enseignement et bénéficient de leurs ressources humaines et matérielles.

Martin Delbecque
Président de la Confédération nationale des Junior-Entreprises
CNJE
Créée en 1969, la Confédération nationale des Juniors-Entreprises (CNJE) regroupe 175 structures. Ces associations étudiantes à but non lucratif mènent chaque année 2 000 missions pour le compte de grands groupes, de créateurs d’entreprise, de collectivités et de PME. Elles réalisent un chiffre d’affaires de 7,3 millions d’euros.

Le principal avantage n’est-il pas le coût…
MD : C’est l’un de nos atouts. Si les étudiants qui réalisent les missions sont rémunérés, les Junior-Entreprises sont soumises à des charges sociales réduites depuis l’arrêté ministériel de 1988. Cette dérogation permet de présenter des factures 3 à 4 fois moins onéreuses que celles des cabinets classiques. Pourtant, ces derniers ne nous considèrent pas comme des concurrents. Bien au contraire, ils nous regardent d’un bon œil et peuvent nous mandater pour réaliser des études de satisfaction ou des sites internet. Les Junior-Entreprises représentent aussi un vivier de talents pour eux. Il n’est pas rare que des structures embauchent des collaborateurs issus de l’une de nos associations.

La qualité du travail est-elle garantie ?
MD : Nous avons développé des process destinés à garantir la qualité, la réactivité et le suivi personnalisé des dossiers. Chaque structure doit adopter une charte déontologique afin de recevoir leur label. Décrocher la certification Junior-Entreprise, marque déposée à l’INPI, n’est pas chose aisée. Le conserver non plus : chaque structure est auditée tous les ans, selon un référentiel défini par l’Afnor. Certaines Junior-Entreprises vont encore plus loin, comme celle de l’emlyon qui est certifiée Iso 9001 depuis 1999. Mais notre crédibilité vient surtout de nos clients. Nous enregistrons chaque année un taux de fidélisation de l’ordre de 80 %.

Pourquoi, alors, ce déficit de notoriété ?
MD : Le mouvement des Junior-Entreprises est aujourd’hui connu des entreprises, mais pas toujours suffisamment reconnu. Les décideurs n’ont pas encore adopté le réflexe. Il nous appartient de développer de nouveaux outils de communication et de rassurer les managers. Il faut que le qualificatif d’étudiant ne soit plus associé à la désinvolture, mais au talent.