Go Funding

La finance joue collectif !

Publication : N° 3 décembre 2016

Afin de permettre aux jeunes entreprises et startups innovantes de prospérer, une nouvelle offre alternative de financement a vu le jour à l’échelle régionale. Son nom : Go Funding.

Pour   constituer ou  augmenter un capital, développer  ses produits  ou améliorer    ses services, la tendance mondiale du crowdfunding – financement par la foule – est une solution qui perce. Désormais, plusieurs types de financements   participatifs  s’offrent aux   entreprises   :    le   don   contre don, le plus connu, où les particuliers apportent un certain montant, en échange d’une contrepartie à hauteur de la somme donnée, le crowdfunding en dette dans lequel les particuliers prêtent comme une banque, et le crowdfunding en capital (equity crowdfunding en anglais). Arrivé en France il y a moins de 10 ans, ce dernier permet aux entreprises de lever des fonds en ouvrant leur capital.   «   Traditionnellement,   le   système   opère   via les fonds d’investissement et les business angels, qui apportent des fonds propres et entrent dans le capital des sociétés. Mais aux côtés de ces mécanismes habituels se développe une forme complémentaire : le crowdfunding en capital », introduit Guillaume Giner, chef de projet à la CCI, et artisan du lancement de la marque Go Funding.

“15 % de nos investisseurs sont en Rhône-Alpes. Nous comptons capitaliser sur notre réseau et sur celui de la CCI, vivier local des entreprises à financer, pour aboutir à des solutions fructueuses.”
François Carbone
directeur général d’Anaxago

La CCI, pour mettre au point cette nouvelle offre, s’est appuyée sur l’écosystème local du financement, et sur la plateforme opérationnelle Anaxago, avec qui elle a signé un partenariat en septembre dernier. Cette dernière dispose d’un site dédié au crowdfunding en capital où près de 70 000 membres interagissent. Concrètement, les investisseurs d’une campagne de crowdfunding en capital, partants s’engagent au sein d’une holding patrimoniale créée spécifiquement et qui rassemble tous les investisseurs. Celle-ci prend une participation minoritaire dans le capital de la startup ou de la jeune PME innovante. La sortie s’effectue au bout de cinq ans, lorsque le capital détenu par la holding est revendu à un autre investisseur. Durant sa présence, l’entrepreneur conserve le contrôle de son entreprise et rend des comptes à un interlocuteur unique, le président de la holding. De leurs côtés, les investisseurs bénéficient d’un suivi régulier des résultats de la startup. Ce type d’investissement peut leur permettre de bénéficier d’avantages fiscaux et de se partager la plus-value de cession lors de la vente du capital détenu par la holding. Mais il subsiste toujours une part de risque dans ce type d’investissement sur des sociétés en phase de démarrage.

Quant à l’entreprise intéressée pour bénéficier de cette prestation en financement 2.0, elle doit d’abord présenter son projet, accompagné d’un business plan, à un comité de sélection, sachant que moins de 3 % des dossiers présentés entrent dans le processus. S’ensuit une précampagne d’audit structurant l’opération. Un pacte d’actionnaires est alors signé entre le chef d’entreprise et la holding. Il convient de prévoir 1 à 3 mois pour la levée de fonds, avec un montant moyen de 500 000 € récoltés. « Nous cherchons dans le même temps à conseiller les investisseurs et à trouver des projets intéressants, pour créer une dynamique autour des entreprises accompagnées », commente François Carbone, directeur général d’Anaxago. La CCI, pour sa part, entend permettre à tout un chacun d’investir dans l’économie de sa région et souhaite promouvoir les innovations régionales dans divers secteurs. Car pour prétendre à ce mode de financement, l’entreprise doit répondre à des critères, gages de sa bonne santé future : développer un produit innovant, être à un stade de concept suffisamment avancé, avec des ventes réalisées, sans pour autant avoir effectué totalement son décollage, présenter un produit facilement compréhensible, ainsi qu’un fort potentiel de croissance et une équipe réactive, impliquée et complémentaire… tout ceci pour donner envie d’investir.

Equity crowdfunding

Ce financement mobilise entre 100 000 € et 2,5 M€ de levée de fonds, avec une moyenne de 500 000 € par opération.

Question à…
Jean-Pierre Lac, président de Lyon Place Financière et Tertiaire

En quoi cette nouvelle piste de financement des entreprises peut-elle faire bouger les lignes ?

Avec toutes leurs contraintes, les acteurs traditionnels – banques, assurances, bourse – ont souvent des difficultés à financer les toutes petites entreprises. Ce crowdfunding est un moyen alternatif d’apporter de nouveaux relais financiers et de créer des opportunités face au panel d’investisseurs. Ce phénomène doit être poussé à une plus grande échelle, car l’économie régionale a besoin que des entreprises créatrices d’emplois prospèrent.